Selon une étude de la firme londonienne Research2 relatée par François Pouliot, spécialiste chevronné des entreprises cotées en Bourse et des questions financières, cela est fort possible, voir même probable. En voici les raisons.

Envol d'huard

Tiendra ne tiendra pas la reprise aux États-Unis? Ne tiendra pas. Mais peu importe. Alors que les USA recaleront, le Canada connaîtra tout de même une croissance économique assez phénoménale.

Tel est le pronostic de la firme londonienne Research2, la branche analytique des conseillers en immobilier commercial BH2.

Le hasard a amené l’étude sur notre table de chevet. Un parmi d’autres. Jusqu’à ce que l’on commence à le lire…

S’il faut en croire la lecture du Dr. Savvas Savouri et de son équipe de chercheurs, les États-Unis ne se relèveront pas de la dernière culbute avant quelques années et leur économie continuera de faire marche arrière.

Bien qu’elle ne sera pas insensible aux difficultés de son premier partenaire commercial, l’économie canadienne fera flèche de tout bois. Notre PIB connaîtra une croissance réelle de 3%, en 2010, 4% en 2011, 4,5% en 2012 et plus de 5% en 2013. Entraîné rapidement par les perspectives de croissance, le dollar canadien touchera, lui, les 1,30 US dans le courant de 2010. Pendant ce temps l’économie américaine reculera de plus de 4% en 2010, sera à croissance zéro en 2011, avancera marginalement en 2012, et sera sous les 3% en 2013.

Pourquoi les Américains ne redémarreront pas

Malgré les efforts de l’administration Obama et de la Fed pour la revigorer, l’économie de l’Oncle Sam, devrait retomber au printemps 2010 et continuer de s’enfoncer.

La triste réalité est que les ménages américains, verront leur niveau de consommation réelle baisser significativement pour plusieurs années.

En concomitance, le taux de sans emploi devrait défoncer la barre des 10%, et ce assez prochainement.

Avec un marché résidentiel qui continuera d’être faible, et les craintes d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt, il n’y a tout simplement pas suffisamment de catalyseurs pour soutenir une reprise.

Pourquoi le Canada fera flèche de tout bois

Comment expliquer alors que le Canada, dont 78% des exportations prennent la direction du sud, ne s’enfoncera pas lui aussi?
Quelques raisons intérieures, mais surtout un gros facteur externe.

D’abord du côté de l’intérieur.

Notre économie apparaît moins empêtrée et notre capacité financière plus intéressante que celle de nos voisins. À titre d’exemple, en 2000, la dette des ménages canadiens s’élevait à 20 000$ CAN per capita, alors qu’elle était de 30 000$ CAN aux États-Unis. En 2005, elle était ici passée à 30 000$ CAN, mais à 50 000$ CAN aux États-Unis. Nul doute que les chiffres ont continué de progresser là-bas, avec l’explosion des hypothèques sub-prime.

L’immigration canadienne est un autre facteur important qui devrait contribuer à la croissance économique du pays. En proportion de la population, le Canada est le pays du G-8 qui accueille annuellement le plus d’immigrants (5,62 par 1000 habitants), et le deuxième du G-20. La majorité de cette immigration est « économique » en ce qu’elle a les attributs et qualifications nécessaires à la création de plus de richesse.

La Chine est l’élément clé

L’économie canadienne ne pourrait cependant se maintenir par son seul marché intérieur si l’économie américaine devait poursuivre son recul.

Le succès de notre économie proviendra en fait de…la Chine.

Research2 estime que la Chine troque actuellement sa stratégie extérieure pour une stratégie domestique. Dit autrement, elle cherche à remplacer en partie le marché US où elle envoyait ses produits, par un marché propre.

Pékin est à mettre en place ce qui devrait être l’un des plus importants programmes d’infrastructures de l’histoire, si ce n’est le plus important. Ce programme devrait ramener les taux de croissance de l’économie chinoise dans la fourchette des 9-12% observée entre 2003 et 2008.

Parce qu’elle repose justement sur de l’infrastructure, pareille croissance devrait faire grimper encore plus la demande et les prix pour les matières premières que ce que l’on a observé dans le passé.

Or, le Canada est l’un des plus importants fournisseurs de matières premières et de ressources au monde. Il est le quatrième exportateur mondial de carburant, le troisième de céréales et de fertilisants, le deuxième de nickel et d’aluminium, et le premier de bois.

Les retombées « commodités » déclencheront, dit la maison, un effet boule de neige, alors que, attirés par les perspectives de croissance économique, de nouveaux capitaux entreront au pays et donneront encore plus d’élan.
Oui, le secteur manufacturier souffrira sans doute (avec un dollar à 1,30$), mais la perte de compétitivité des entreprises sera plus que contrebalancée par le nouvel environnement économique, selon Research2.

Constat?

Intéressant scénario. D’autant plus intéressant si la firme se trompe sur l’économie américaine. Supposons que celle-ci redémarre.

Comme dirait l’autre, le Canada pourrait alors vraiment devenir « le plus meilleur pays du monde ».

Publié par Hugo Neveu dans Actualité | 1 commentaire

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