Déc. 18, 2009

Quel savoureux article de Pierre Duhamel ce matin sur argent! Tellement savoureux que je vous le livre en intégralité. Tout y est. Bonne lecture. Au plaisir de lire vos commentaires!

Bouton Save

Je sais, ce n’est pas la saison pour épargner. À vrai dire, ce n’est jamais la saison pour épargner. Consommer, même en s’endettant, est tellement plus agréable. Le hic, c’est que nous nous préparons des années de retraite misérables en dépensant au-delà de nos moyens et en n’épargnant pas.

Les ministres des Finances du pays sont réunis au Yukon pour essayer de voir comment ils pourraient nous faire économiser davantage pour accroître notre revenu de retraite et diminuer notre dépendance à l’État quand nous aurons cessé de travailler. Il est question d’un nouveau régime à cotisations volontaires, perçues par les gouvernements et gérées par les institutions financières. Pourquoi pas ? Mais j’ai l’impression que le problème est plus sociologique et psychologique qu’économique.

Pourquoi un nouveau régime quand à peine 38 % des Québécois en âge de travailler ont cotisé au REÉR en 2007 ? Comment un nouveau programme pourrait-il nous motiver davantage à mettre des sous de côté alors nous nous endettons plus rapidement que nous épargnons ? Le crédit à la consommation a bondi de 7,2 % depuis un an alors que le taux d’épargne des Canadiens ne bouge pratiquement pas (4,7 % à 4,8 % du revenu personnel). Nous nous approchons tranquillement, mais sûrement, des ratios d’endettement des ménages américains.

Certains croient que le régime de retraite de leur employeur leur permettra de se la couler douce une fois qu’ils auront quitté le marché du travail. Voilà une illusion dangereuse. Dans le secteur privé, quatre régimes de retraite sur cinq pourraient de pas être en mesure de remplir leurs engagements et plusieurs entreprises n’ont tout simplement pas les moyens de cotiser davantage pour effacer le déficit actuariel de leur régime de retraite. Les prestations risquent donc d’être moindres que prévu.

Il y a pire. Certaines entreprises ont ou pourraient faire faillite, mettant en péril l’ensemble du régime. Et pire encore : plus des trois quarts des travailleurs du secteur privé n’ont tout simplement pas de régime de retraite provenant de leur employeur.

Les travailleurs du secteur public n’ont pas cette angoisse et on risque de se retrouver avec deux classes de retraités : les employés du public et les autres. Vous avez travaillé pour une PME toute votre vie ou vous êtres travailleurs autonomes ? Ce que vous allez envier votre beau-frère du secteur public qui aura pris une retraite presque confortable à 55 ans, retraite que vous aurez payée !

Peu d’épargne, pas de REÉR et pas de régime de retraite privé, il vous restera peu de choses. À 65 ans, vous aurez droit à 10 905 dollars par an de la Régie des rentes du Québec et 6203, 52 dollars pour la pension de la sécurité de la vieillesse fédérale. Grand total annuel : 17 108,52 dollars.

Le régime public sera lui aussi confronté à une situation délicate. Le nombre de prestataires va doubler d’ici 20 ans et ce n’est pas la performance de la Caisse de dépôt et de placement l’an dernier qui va améliorer la situation. On peut s’attendre à d’autres hausses des cotisations et des pressions de plus en plus fortes pour reculer l’âge officiel de la retraite.

Ne prenons donc pas de chances et commençons un vigoureux programme d’épargne. Nous avons le bonheur de vivre de plus en plus vieux, nous ne sommes pas obligés de vivre toutes ces années en situation de pauvreté.

Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Investissement

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