jan. 17, 2012
Je suis récemment tombé sur cet article qui m’a amené à plusieurs réflexions. Le voici intégralement tel que tiré de conseiller.ca par Peter Drake.

En allant me chercher une collation après avoir mis en pause un match de hockey en direct à la télévision, je me suis dit que l’expérience d’un match de la LNH à la maison avait beaucoup changé. Il est loin le temps où j’écoutais la radio en imaginant l’action pendant que Foster Hewitt commentait le match. Puis, on a connu l’époque de la télévision, d’abord en noir et blanc, puis en couleur. Très vite, les écrans ont commencé à prendre de l’ampleur et l’image est devenue plus claire. Maintenant, je regarde la télévision en haute définition et j’enregistre le match au besoin, selon mon emploi du temps. Les choses ont effectivement bien changé, et pas seulement dans le hockey, mais dans le monde du placement également.
Acheter en baisse, vendre en hausse. Être un investisseur à long terme. Acheter et conserver. Voilà trois des règles de placement que l’on ne cesse de répéter depuis des décennies. Il s’agit de conseils valables. Cependant, à mesure que le monde se transforme, « l’investissement » change aussi. De plus, en période de volatilité, c’est toujours une bonne idée d’examiner si ces conseils en placement ont toujours leur raison d’être ou s’ils sont devenus des reliques du passé, tout comme ces images en noir et blanc d’une vieille télévision RCA.
Le fait d’acheter en baisse et de vendre en hausse ne nécessite pas vraiment de réflexion sérieuse. C’est l’objectif de tout investisseur et il en sera toujours ainsi. La véritable question qui se pose est comment y parvenir. Si les deux autres conseils en placement peuvent toujours aider les investisseurs à atteindre cet objectif, j’en suis venu à la conclusion qu’ils ont vraiment besoin d’être mis à jour. Pour leur rendre justice, chacun des conseils mérite un article à part, si bien que dans le cadre de cette chronique, je commencerai par « acheter et conserver ».
Peter Drake
Petit cours d’histoire
Il convient de commencer par un petit cours d’histoire. Au départ, le concept d’acheter et de conserver ses placements était une stratégie de sélection de titres. Elle émanait de l’approche de placement de valeur décrite dans le livre de Benjamin Graham, L’investisseur intelligent, publié en 1949, qui a fortement influencé Warren Buffet. C’est ce dernier qui l’a rendue célèbre. Déjà, cela démontre qu’il nous faut réfléchir dans le contexte plus étendu d’aujourd’hui. À l’origine, il s’agissait de soigneusement choisir des actions de quelques sociétés sous-évaluées dotées d’excellentes perspectives de croissance et de s’y accrocher.
Cette approche a fait l’objet de nombreuses analyses depuis la reprise après la crise financière mondiale et je ne rabâcherai pas ici les arguments pour et contre. Je tiens simplement à mettre en évidence l’une des caractéristiques extrêmement intéressantes de cette stratégie, qui est le fait qu’après avoir pris une décision de placement bien réfléchie, l’investisseur peut se reposer et ne pas se soucier des fluctuations quotidiennes du marché parce qu’à long terme, les marchés finiront par récompenser la patience de l’investisseur. Dans les marchés particulièrement volatils que nous connaissons, cette idée aurait certainement de l’attrait pour beaucoup d’investisseurs. Le problème qui se pose est le suivant : y a-t-il des titres que les investisseurs peuvent acheter et conserver en toute confiance dans une période où tout semble être bouleversé à chaque tournant?
À mon avis, il y en a, oui. Ce que j’aimerais proposer, c’est une approche mise à jour qui aiderait les investisseurs à être moins préoccupés, mais plus important encore, qui tiendrait compte des nombreux changements qui sont survenus sur les marchés et chez les investisseurs depuis que l’idée d’acheter et de conserver a été lancée.
Les changements qui ont touché les investisseurs
Pensons d’abord aux changements qui ont touché les investisseurs et l’investissement. Premièrement, il existe beaucoup plus d’investisseurs particuliers qu’auparavant. Par conséquent, il faut gérer un nombre fortement supérieur de besoins et de préférences des investisseurs. L’industrie des services financiers a réagi énergiquement en offrant des conseils et une grande diversité de nouveaux produits qui répondent à chacun des besoins en matière de finances et d’investissement.
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Deuxièmement, pour bon nombre de clients, l’investissement n’est plus une activité qui sert tout simplement à faire de l’argent. De nos jours, on investit plus souvent qu’autrefois en vue d’atteindre des objectifs. Il ne s’agit pas ici d’objectifs généraux ayant trait à la prospérité future, mais plutôt d’objectifs précis à atteindre, comme économiser pour sa retraite ou payer les études de ses enfants. En d’autres termes, lorsque les investisseurs déterminent comment investir de façon à réaliser leurs objectifs personnels, ils doivent garder en tête qu’ils risquent de ne pas atteindre leurs objectifs et évaluer le risque associé à leurs marchés et produits d’investissement.
Troisièmement, les objectifs des investisseurs changent plus souvent et plus rapidement qu’auparavant. Il s’agit ici de modification de la situation familiale comme le mariage et le divorce ou de modification des aspirations des investisseurs concernant leurs projets de retraite ou encore d’autres objectifs de placement comme le type d’études supérieures envisagées par leurs enfants et l’établissement d’enseignement choisi.
Quatrièmement, on a assisté à une grande diffusion de renseignements sur l’investissement. Certains renseignements sont utiles, mais ce n’est pas le cas de la plupart d’entre eux. Néanmoins, cette situation a nui à bon nombre d’investisseurs parce qu’ils sont beaucoup plus influencés par les événements qui surviennent sur les marchés (ou plutôt par ceux que leur rapportent les nouvelles des marchés), ce qui signifie qu’il faut mettre à jour les profils d’investisseur beaucoup plus souvent que par le passé. Cet aspect s’ajoute aux facteurs habituels qui influent sur les profils d’investisseur, notamment la tolérance au risque, l’âge et le moment où les fonds seront nécessaires. En plus de ce qui précède, certains tiennent compte de considérations « éthiques » qui ont une incidence sur toute leur sélection de placements.
En analysant ces changements selon une perspective globale, j’en ai tiré quelques conclusions. Tout d’abord, chaque investisseur a besoin de placements qui correspondent à son profil. Cela n’a pas changé. Ainsi, il est encore pertinent d’acquérir des actions pour profiter d’un potentiel de croissance à long terme, des titres à revenu fixe pour réduire la volatilité du portefeuille et des placements liquides à court terme pour composer avec les urgences. Par contre, le nombre de choix de placements et de profils d’investisseurs particuliers a grandement augmenté, ce qui crée une incidence sur le processus de sélection de placements.
Les changements qui sont survenus sur les marchés
Examinons maintenant les changements qui surviennent sur les marchés. Quel monde dynamique! En termes concrets, certaines entreprises sont en pleine croissance et en bonne santé, tandis que d’autres ne le sont pas. Certains gouvernements ont des finances saines, alors que ce n’est pas le cas pour d’autres. Il semble que les changements de situation (de croissance à recul, ou encore de bonne à mauvaise santé fiscale) surviennent plus rapidement qu’autrefois. J’admets que je n’ai effectué aucune analyse quantitative pour étayer ce point. Toutefois, il n’est pas pertinent de savoir si le processus s’accélère ou non ou s’il semble s’accélérer uniquement : nous devons quand même traiter la question.
En raison de ces changements, certaines entreprises offrent des placements qu’il convient absolument d’acheter et de conserver, tandis que ce n’était pas le cas il y a dix ans. Inversement, certaines entreprises ont peut-être déjà offert des titres qu’il convenait d’acheter et de conserver, alors que ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Cette situation s’applique parfaitement aux obligations d’État. Souvenons-nous que le gouvernement fédéral des États-Unis affichait un surplus annuel en 2000 et en 2001. Aujourd’hui, la situation est complètement différente, bien que les taux d’intérêt des marchés puissent laisser croire autrement si l’on ne tient pas compte du portrait global de la situation.
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Les changements dont il est question ci-dessus sont en partie engendrés par l’évolution géographique des zones de croissance de l’économie et des investissements. Il existe maintenant beaucoup plus d’endroits, notamment les économies émergentes à croissance rapide (et non seulement notre pays), où des entreprises offrent des titres qu’il convient d’acheter et de conserver, alors que ce n’aurait pas été le cas par le passé. Ces changements s’expliquent en partie par l’évolution des technologies et des goûts des consommateurs.
Où en sommes-nous?
Nous avons donc examiné les changements importants chez les investisseurs et sur les marchés de placement. Alors, où en sommes-nous?
Je conseille qu’un investisseur doive envisager le concept d’acheter et de conserver comme une stratégie de placement à long terme plutôt qu’une stratégie d’achat de titres au cas par cas. Il s’agit d’un plan qui tient compte de la tolérance au risque de l’investisseur, de son âge et du moment où ses fonds lui seront nécessaires. De plus, ce plan prend en considération l’évolution de la conjoncture économique et boursière, des options de placement et, plus important encore, de la situation propre à chaque investisseur.
Il est évident qu’un bon plan d’investissement à long terme (qui permet à l’investisseur de comprendre pourquoi il souhaite acheter et conserver) tient compte de nombreux éléments. En d’autres termes, un bon plan sera très probablement complexe, dynamique et totalement axé sur l’investisseur. C’est pourquoi je souligne régulièrement, dans les colloques d’investisseurs où je donne des conférences et dans les vidéos diffusées sur le site fidelity.ca, qu’il est fort utile d’obtenir l’aide d’un conseiller financier. En plus de mettre à contribution ses connaissances spécialisées, le conseiller représente un autre avantage pour l’investisseur, qui peut compter sur un tiers objectif pour l’orienter et l’aider à traverser les changements inévitables qui surviennent dans la vie de chaque investisseur.
Si vous êtes d’accord avec moi jusqu’à maintenant, vous avez sans doute songé aux répercussions pour vous, les conseillers financiers. En résumé, vous avez beaucoup de travail : bien connaître chacun des clients, s’informer de leur vie au moyen d’une communication fréquente et d’examens des investissements, connaître les marchés et évaluer la distinction de plus en plus importante entre l’influence des événements macroéconomiques et de la sélection fondamentale de placements et, par-dessus tout, savoir combiner ces deux aspects d’une façon qui convient à chaque client.
En conclusion, la stratégie « acheter et conserver » se porte bien. Cependant, on devrait modifier sa définition de façon à refléter les changements touchant les investisseurs et les marchés. J’aime encore suivre les matchs de la LNH à la maison. Même si j’aime me rappeler l’époque où j’écoutais les matchs à la radio, je choisis de conserver mon image en haute définition.
Pour lire toutes les chroniques de Peter Drake, cliquez ici.
Peter Drake est vice-président, Retraite et recherches économiques, Fidelity Investments Canada. Fort de plus de 35 années d’expérience à titre d’économiste, il dirige les initiatives de recherche de Fidelity axées sur la retraite au Canada à notre époque.
Les opinions exprimées sur une société, un titre, une industrie ou un secteur du marché en particulier représentent un point de vue personnel à un moment donné et ne constituent pas nécessairement celles de Fidelity ou d’autres personnes au sein de l’organisation. Ces opinions sont appelées à changer à tout moment en fonction de l’évolution des marchés et des autres facteurs, et Fidelity décline toute responsabilité en ce qui a trait à la mise à jour de ces points de vue. Ces opinions ne peuvent pas être considérées comme des conseils en placement fiables.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Investissement | Pas de commentaire
oct. 17, 2011
Article tiré de cyberpresse.ca, par Guy Sorman, Économiste.
Par temps d’orage, chacun est en quête des prévisions : mais prévoir est un exercice aléatoire surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir. À l’appui de ce dicton attribué à Woody Allen, la Bourse et la conjoncture économique sont les meilleures preuves.
Au terme d’expériences répétées, le Wall Street Journal, à New York, a souvent comparé les résultats de placements gérés par des professionnels avec un portefeuille sélectionné au hasard : dans tous les cas de figure, les résultats ont été identiques. En d’autres termes, nul ne peut «battre le marché», fut-il expert.
Les experts sont encore plus décevants lorsqu’ils anticipent sur la conjoncture. Daniel Kahneman, psychologue de formation et prix Nobel d’économie en 2002, a pour spécialité de tester les prévisions et ceux qui les font. Les conclusions de ses expérimentations (relatées dans Thinking, Fast and Slow, à paraître) sont accablantes: Kahneman a maintes fois illustré combien les experts, économistes et politologues en tête, se trompaient plus souvent que le commun des mortels : en moyenne, les prophètes de l’économie et de la politologie ont tout faux six fois sur dix, dépassant les lois de la statistique qui voudraient que l’on ne se trompe qu’une fois sur deux.
Si les experts se trompent plus qu’il ne serait normal, selon Kahneman, c’est qu’ils sont prisonniers de théories et modèles figés qui les rendent incapables d’absorber des informations nouvelles et les changements du monde.
Ce ne sont donc pas les experts qui sont condamnables, mais ceux qui les interrogent: on devrait admettre que l’économie est imprévisible par définition parce qu’elle incorpore une quantité infinie de facteurs que nul cerveau et nulle théorie ne sauraient inclure.
L’expert, ajoute Kahneman, n’en est pas déconsidéré pour autant parce qu’il témoigne d’une remarquable capacité à justifier son erreur après que celle-ci a été constatée: l’expert médiatisé se reconnaît, non par sa capacité de prévoir, mais par celle d’expliquer pourquoi il n’y est pas parvenu.
Il n’empêche que la Bourse et l’économie obéissent tout de même à quelques lois: celles-ci ne permettent pas de prévoir à court terme, mais elles autorisent des anticipations assez fiables à long terme. Un cours de Bourse tôt ou tard, sur une période de quelques années, finit par coïncider avec un multiplicateur du profit de l’entreprise cotée.
Pareillement, il existe une relation stable et démontrable, à moyen terme, entre l’innovation et la croissance. Depuis deux siècles, de la machine à vapeur à la fracturation du gaz de schiste et à la tablette électronique, tout progrès technique s’est toujours traduit par un développement économique au profit d’un nombre croissant d’êtres humains. Ce progrès étant cumulatif – plus on cherche, plus on trouve – les pays occidentaux, plus le Japon et la Corée du Sud, disposent en réserve aujourd’hui d’un gigantesque trésor d’innovations encore inexploitées. Le couvercle reste clos parce qu’investisseurs et entrepreneurs attendent que les politiques économiques se stabilisent en Europe et aux États-Unis. Mais, à terme, disons entre trois et cinq ans, il est prévisible que ces brevets se transformeront en produits et en services qui restaureront le «trend» de croissance mondiale.
Par-delà les crises conjoncturelles, la croissance est donc toujours déterminée par deux moteurs: la démographie et l’innovation. L’économie progresse quand la population augmente et parce que l’innovation améliore la productivité. Une bonne politique économique est celle qui favorise la puissance de ces moteurs. Ce pourquoi les pessimistes ont souvent raison dans le court terme, tandis que dans le long terme, les optimistes l’emportent.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Investissement | Pas de commentaire
août. 9, 2011
Voici un article intégral tiré de conseiller.ca Dans la situation actuelle, les clients ont des questions, et sans doute aussi souvent des suggestions, sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire avec leur portefeuille. Chroniqueur financier au Globe and Mail, Rob Carrick a dressé sa liste de recommandations.

À faire : rester calme. Il ne s’agit pas d’une nouvelle crise financière généralisée. Il s’agit plutôt de l’économie mondiale qui est en train de régler les problèmes laissés par la crise survenue il y a deux ans.
À ne pas faire : commencer à chambarder les plans financiers à long terme en raison des événements actuels.
À faire : considérer la possibilité d’investir un peu d’argent dans le marché actuellement. Les actions avec dividendes de catégorie « blue-chip » offrent désormais des rendements intéressants en raison de la baisse des prix. Ce n’est pas encore le temps de parier massivement sur un retournement du marché, mais il n’est pas nécessaire non plus de s’enfuir.
À ne pas faire : tout vendre! Si vous avez un portefeuille bien conçu composé d’actions et d’obligations, vous pouvez faire face aux turbulences. Vendre maintenant peut vous protégez de pertes additionnelles, mais vous encourez un risque majeur de manquer le retournement du marché. Essentiellement, vous vendrez à bas prix et vous devrez potentiellement racheter à prix élevé plus tard.
À faire : limiter les achats à des titres dont les prix sont bas.
À ne pas faire : rechercher les investissements qui performent bien malgré la baisse du prix des actions. L’or a augmenté car il est vu comme une valeur refuge en période d’incertitude, mais si le système financier se replace, attendez-vous à assister à une chute des prix du métal précieux. Pour ce qui est des obligations, elles augmentent toujours quand les actions chutent. Le problème est qu’une hausse du prix des obligations signifie en fait une baisse des rendements. Actuellement, les obligations du gouvernement du Canada ayant des termes de cinq à dix ans vont générer un rendement de moins de 2 %.
À faire : comprendre que les investisseurs (vos clients!) vont probablement perdre davantage d’argent avant que les choses aillent mieux.
À ne pas faire : perdre le goût d’investir. L’économie mondiale a ses problèmes, mais ils vont être résolus.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Divers, Investissement | Pas de commentaire
mar. 25, 2010
Le site conseiller.ca a publié récemment un article très intéressant grâce à la Police provinciale de l’Ontario.

Les auteurs de fraudes financières utilisent de nombreuses ruses pour flouer leurs victimes. Souvent, on extorque du capital en faisant miroiter des taux de rendement élevés et en donnant peu de détails quant à l’endroit où l’argent est investi.
Dans le cadre du mois de la prévention de la fraude, la Police provinciale de l’Ontario nous dresse une liste de certains stratagèmes liés aux chaînes de Ponzi :
- Ils (fraudeurs) paient des « dividendes » aux premiers investisseurs. Ces derniers, qui parlent alors à leurs amis des taux de rendement exceptionnels dont ils bénéficient, sont les promoteurs les plus efficaces de la combine.
- Ils mentionnent les investisseurs qui ont touché des dividendes pour conférer de la crédibilité à l’affaire et faire en sorte qu’elle se poursuive.
- Ils remettent régulièrement aux investisseurs des reçus ou des billets à ordre pour leur faire croire que leur investissement a pris de la valeur.
- Ils remettent aux investisseurs un exemplaire d’un prospectus ou d’un autre document présentant la société de placement en exagérant sa réussite en affaires.
- Ils affirment aux investisseurs que leur capital fait l’objet d’une garantie additionnelle, comme une police d’assurance vie, alors qu’en réalité aucune garantie de ce genre n’existe.
Dans le cas d’une pyramide de Ponzi, l’investisseur est remboursé non pas à partir des gains, mais à même la contribution des nouveaux investisseurs. Aucun investissement légitime n’est fait et l’argent obtenu des nouveaux investisseurs est utilisé pour rembourser ceux qui ont déjà investi, ce qui confère à l’opération une apparence légale (définition de la GRC).
Ce type de fraude peut se poursuivre pendant des années avant que les investisseurs ne découvrent la supercherie. Si personne n’est à l’abri de la fraude, le gros bon sens demeure la meilleure protection, conclut la police ontarienne. Qu’en pensez-vous?
Méfiez-vous!
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Investissement | Pas de commentaire
mar. 15, 2010
Le site Conseiller.ca a répondu par le biais de différents intervenants à certaines questions un peu plus poussées sur le fameux CÉLI. Voici l’article.

1. Le REER est finalement à l’abri des créanciers. Et le CELI ?
Services-conseils spécialisés, Gestion de portefeuille, Banque Nationale Groupe financier (SCS, GP, BNGF) :
Le CELI peut être donné en garantie sans conséquences fiscales ou financières alors que la mise en garantie occasionne l’imposition ou la perte de l’enregistrement du REER. Puisque le CELI peut être donné en garantie, il est donc saisissable.
Depuis 2007 de nouvelles règles ont rendu le REER à l’abri des créanciers en cas de faillite seulement. Le CELI n’a pas été ajouté à ces dispositions.
Fabien Major, MBA, conseiller en sécurité financière et fonds d’investissement, est rédacteur et administrateur du site de référence www.CELI.ca :
Non. Sauf… qu’il serait sage si, vous vous croyez à risque, de choisir des « produits réputés insaisissables ». Contrairement au REER qui est maintenant protégé contre les créanciers, le CELI et l’épargne régulière peuvent très bien se faire saisir. Il y a une exception, si vous optez pour des produits de placements émis par une compagnie d’assurance vie comme une rente, des fonds distincts ou des certificats. Ce n’est pas tout, il faudra que vous nommiez comme bénéficiaire en cas de décès, un proche parent (père, mère, épouse ou enfants). Si votre bénéficiaire n’entre pas dans cette catégorie, il faudra alors ajouter le terme « irrévocable » pour que votre bénéficiaire devienne « privilégié ». Vous aurez ainsi sécurisé votre CELI.
2. Comme les contributions non effectuées au CELI sont cumulatives, est-ce que cette accumulation débute avec la première contribution ou l’est-elle depuis l’implantation du programme en 2009 ?
SCS, GP, BNGF :
Le calcul des contributions s’effectue dès l’implantation du programme en 2009. Ainsi, pour une personne qui n’a jamais cotisé, son droit de contribution en 2010 est de 10 000 $. Évidemment, les droits se créent l’année qu’un résident canadien atteint l’âge de 18 ans.
FM, MGA :
Elle l’est depuis la création du régime. Donc, si vous n’avez jamais cotisé à un CELI, votre droit est maintenant de 10 000$. Pour vous aider à vous y retrouver, votre nouvel avis de cotisation du fédéral vous indiquera au bas (près de la ligne indiquant les cotisations inutilisées du REER) les montants qu’ils vous sont permis de cotiser à votre CELI.
Josée Jeffrey, fiscaliste et planificatrice financière, Focus Retraite & Fiscalité (JJ, FRF) :
Tout le monde est parti sur le même pied d’égalité en 2009 avec un plafond admissible de 5000 $. Même si vous n’avez pas ouvert de CELI en 2009, vos droits acquis lors de l’implantation de la nouvelle mesure sont reportés aux années ultérieures.
Vous devez produire une déclaration de revenus pour recevoir un avis de cotisation. Pour avoir droit au plafond annuel du CELI, vous n’avez pas besoin de gagner un revenu comme c’est le cas pour les REER. Par contre, vous devrez tout de même produire une déclaration de revenus.
3. Merci de nous éclairer sur les dernières modifications apportées au CELI avec la Loi de l’impôt (cotisations excédentaires, etc.)
SCS, GP, BNGF :
Le 16 octobre 2009, le ministère des Finances de Canada a annoncé des modifications techniques afin de contrer l’utilisation du CELI dans le cadre de stratagèmes de planification fiscale.
Les principales modifications sont :
- Ne plus permettre les opérations de transfert d’actifs entre compte CELI et tout autre type de compte. Ces opérations visent les transferts de bien non monétaires en échange soit d’argent ou d’autres biens. Elles ne visent pas les retraits ou les nouvelles contributions en biens.
- Imposition d’un taux de 100 % sur les revenus issus de cotisations excédentaires versées de façon délibérée. Cette pénalité s’ajoute à la pénalité mensuelle existante de 1% sur les cotisations excédentaires.
- Hausse du taux d’imposition des revenus découlant de placements interdits (principalement des actions de sociétés privées) de 43,5 % à 100%.
- Les revenus « accessoires » découlant des revenus générés par des cotisations volontaires délibérées ou des placements interdits sont imposés à un taux de 100 %.
- Les retraits qui surviennent suite aux cotisations excédentaires, aux placements interdits ou aux placements non admissibles et tout revenu s’y rapportant ne créent pas de droits supplémentaires.
FM, MGA :
En octobre 2009, le ministre du Revenu national a dû resserrer les critères et règles du CELI. Des spéculateurs avaient réussi assez habilement, à contourner le plafond de 5 000 $ ou encore à faire des transferts maintenant jugés illégaux. Ne vous avisez plus de dépasser la limite de cotisation. En plus des frais de 1 % par mois, tous les gains attribués à ces surplus seront imposés à 100 %, donc il n’y a plus aucun avantage à fracasser volontairement la limite.
Quant aux transferts entre REER et CELI, ce n’est plus possible. De fins renards avaient joué sur les écarts des actions de croissance (penny stocks) et réalisaient des échanges au profit du CELI lors de baisses planifiées. Lorsque les actions remontaient, ils gonflaient leur CELI parfois à des centaines de millier s de dollars. En revendant les titres, la croissance devenait non imposable. Le stratagème a été éventé sur des forums de day traders et la porte a été refermée par le ministre des Finances.
JJ, FRF :
Le fédéral est venu mettre un point final aux planifications abusives avec ces nouvelles règles.
Les modifications apportées le 16 octobre 2009 visent donc à appliquer les règles anti-évitement du CELI aux opérations de transfert d’actif et à tout revenu que l’on peut raisonnablement leur attribuer ou aux cotisations excédentaires délibérées, aux placements interdits et aux placements non admissibles. De plus, tout retrait effectué sur ces transactions ne viendra plus créer de nouveaux droits de cotisations au CELI.
L’Agence du revenu du Canada évaluera toutes les transactions de ce genre effectuées avant la date des modifications afin de déterminer si un impôt de pénalité peut s’appliquer.
4. Est-ce que le CELI fait partie ou non du patrimoine familial ?
SCS, GP, BNGF :
Les spécialistes s’entendent pour dire que le CELI ne fait pas partie du patrimoine familial.
FM, MGA :
Non, mais remarquerez que cela pourrait changer. On a de la jurisprudence à aller chercher, soit des années de causes et de litiges impliquant le CELI. Ainsi, on pourrait très bien attaquer le bien-fondé d’un mari qui a volontairement privilégié les cotisations à son CELI au détriment du REER, sachant qu’il pourrait divorcer sous peu.
JJ, FRF :
Contrairement au REER, Le CELI ne fait pas partie du patrimoine familial. Toutefois, il peut faire partie des acquêts pour les gens mariés sous le régime de la société d’acquêts, selon la provenance des fonds. Rappelons qu’un bien propre ne fait pas partie des acquêts.
Qu’est-ce qu’un bien propre ? Au niveau des placements, un bien propre est détenu au moment du mariage ou de l’union civile ainsi que les biens reçus par voie de succession ou donation. Les revenus de placements générés sur un bien propre fera partie des acquêts, sauf s’il y avait une indication contraire dans une clause testamentaire d’un bien reçu d’une sucession.En cas de rupture d’une union, le CELI pourra servir à régler certaines dettes de partage entre les conjoints. L’argent du CELI peut être transféré directement dans le CELI de l’ex-conjoint sans affecter les droits de cotisation de celui qui les recevra. Ce genre de transaction n’est pas toujours à l’avantage de l’auteur du transfert vu qu’il n’y aura aucune création de nouveaux droits, l’année suivant
5. Est-il préférable de prendre son CELI dans du revenu fixe ou un placement qui rapporte du gain en capital ou du revenu de dividendes ?
SCS, GP, BNGF :
Comme les titres de croissance offrent habituellement un rendement supérieur aux titres à revenus fixes, certaines personnes préfèrent, dans leur CELI, investir dans des titres de croissance plutôt que des titres à revenus fixes afin de pouvoir effectuer des retraits plus importants à l’abri de l’impôt. Nous ne partageons pas cette approche.
Cette stratégie comporte certains désavantages, notamment :
- En investissant des titres de croissance dans le CELI, la composante à revenus fixes du portefeuille peut se retrouver dans les placements non enregistrés avec un traitement fiscal désavantageux.
- Si les titres de croissance génèrent des pertes en capital, lesdites pertes ne peuvent être utilisées à l’encontre de gains en capital passés ou futurs.
Bref, nous favorisons de placer les titres à revenus fixes d’abord dans le REER, ensuite dans le CELI, alors que nous préconisons l’investissement des titres de croissance dans le portefeuille non enregistré.
En outre, l’investissement dans des titres américains n’est pas recommandé. Contrairement au REER, le CELI n’est pas reconnu comme un régime à imposition différée aux États-Unis de sorte qu’une retenue à la source est prélevée sur les revenus (autres que les intérêts). Cette retenue n’est pas récupérable dans les impôts canadiens.
FM, MGA :
Pour ma part, tant et aussi longtemps que les taux d’épargne des CPG et comptes bancaires à haut rendement d’atteindront pas les 4% ou 5%, je préfère les oublier. Ce ne sont pas des mauvais produits, mais le niveau d’économie d’impôt évité devient du gaspillage d’espace CELI. A la limite, pour des projets à moyen terme ou pour les investisseurs assez frileux, je suggère les fonds d’obligations court terme. Ils peuvent aisément dépasser en rendement les 4% et ne sont pas aussi risqués que les fonds d’obligations qui détiennent des titres ayant des échéances de plus de 3 ans.
Les placements en actions ordinaires, à dividendes et ou actions privilégiées ont un potentiel de gain supérieur, donc l’économie d’impôt le sera aussi. SI on n’a pas besoin à court terme des épargnes de son CELI, c’est là un très bon véhicule pour faire un peu de spéculation avec des fonds sectoriels. Ainsi, une mise de 5000 $ qui double en 2 ans ou 3 ans vous laisserait un gros gain non imposable entre les mains !
JJ, FRF :
La majorité des épargnants ont cotisé au CELI avec leur épargne à terme. Étant donné que le taux d’intérêt de ces types de placement est très faible, le plein potentiel du CELI n’est pas utilisé à bon escient. Ainsi, pour les profils moins conservateurs, il est préférable d’inclure des placements qui génèreront des rendements plus élevés pour bien profiter de l’abri fiscal du CELI. Toutefois, vous devez savoir que les pertes en capital ne sont pas déductibles dans un CELI.
6. Avec quelle personne autre que moi (dans ma famille) je peux investir dans un CELI ? Par exemple : mon fils. Merci de la réponse.
FM, MGA :
Tous ceux qui sont résidents canadiens et âgés de plus de 18 ans peuvent détenir un CELI. Pour augmenter vos montants admissibles, vous pouvez ainsi faire des dons à vos enfants majeurs. Ils pourront se constituer de l’épargne libre d’impôt… Quelle belle preuve d’amour !
JJ, FRF :
A priori, vous seul pouvez investir dans votre CELI. Il n’existe pas de CELI de conjoint comme c’est le cas pour le REER de conjoint.
Vous pouvez donner de l’argent à votre conjoint ou tout autre membre de votre famille afin qu’il contribue à leur CELI, sans dépasser les plafonds admissibles car les règles d’attribution pourront s’appliquer sur les cotisations excédentaires du titulaire du CELI qui a bénéficié de votre bonne grâce.
Un membre de la famille admissible à ce genre de transaction comprend un enfant majeur et même un parent.
Les revenus générés à l’intérieur du CELI sont non imposables, conséquemment, les règles d’attribution ne s’appliquent tant et aussi longtemps que les fonds y demeurent. Des changements ont été apportés à l’article 74.5(12) LIR pour tenir compte des dispositions du CELI face aux règles d’attribution entre les conjoints fiscaux.
Surveillez les retraits du CELI de ces dons d’argent. Si les sommes sont réinvesties dans d’autres placements non enregistrés, vous pourriez vous faire attribuer ces revenus par l’application du paragraphe 74.1 (1) LIR.
