fév. 4, 2010
Alors que l’aide humanitaire fuse de toute part et que la planète fait preuve d’une générosité sans précédant envers les haïtiens, certains Québécois, pour éviter de les nommer tentent d’en retirer un avantage monétaire. Lorsque cette nouvelle est sortie à la radio, j’ai trouvé le tout plutôt ordinaire. Ma réflexion fût relativement brève: Qui est donc l’imbécile qui demande à être payé pour faire du bénévolat?
Après coût j’ai compris que l’individu se servait d’un comparatif plutôt douteux avec des gens qui y sont pour leur travail et non pour faire du bénévolat. Je garderai donc ma 2e réflexion pour moi même…
Tous ne sont toutefois pas chicken comme moi. Le Dr Patrice Montminy y est allé d’une sortie publique fort intéressante par rapport à cette situation. Sans dire que j’endosse la totalité des ses propos, (uniquement afin de me protéger d’une poursuite…) je trouve qu’il faut beaucoup de courage pour aller à contre courant et que le Dr Montminy devrait servir d’exemple à bien d’autres qui suivent sans être d’accord. Lire ici, dans tous les métiers, à tous les niveaux. Voici l’article parût dans le Soleil/Cyberpresse par Valérie Gaudreau. Photo: Stigmat Photo.
La demande de rémunération de la part de certains orthopédistes partis aider bénévolement en Haïti en a choqué plus d’un. Et un orthopédiste de Québec n’hésite pas à crier haut et fort son indignation.
«La vapeur m’est sortie par les oreilles en voyant ça. C’est choquant, non raisonnable, et je prends pas que cette demande soit faite au nom des orthopédistes», lance le Dr Patrice Montminy, chirurgien orthopédiste au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). «Quand c’est du bénévolat, c’est du bénévolat et je ne suis pas le seul orthopédiste de la province à le penser», tranche-t-il.
Irrité, le Dr Montminy a envoyé une lettre ouverte au Soleil dans laquelle il dénonce une missive adressée au ministre de la Santé Yves Bolduc et signée par le président de l’Association d’orthopédie du Québec, le Dr Jacques Desnoyers. Le Dr Desnoyers, présentement en Haïti, y propose que la demi-douzaine d’orthopédistes partis de leur plein gré à la suite du séisme reçoivent le tarif de base qu’ils touchent dans un hôpital québécois, soit de 700 à 800 $ par jour.
Au-delà de la demande comme telle, le fait qu’elle émane du président de son association choque d’autant plus le Dr Montminy.
«Si le Dr Desnoyers veut le faire, qu’il enlève le chapeau de président qui laisse entendre que tous les orthopédistes veulent ça. Je n’accepte pas qu’il parle en mon nom», dit celui qui a fait part de son mécontentement à l’association qui le représente.
«Ce médecin est un traumatologue qui gagne peut-être 430 000 $ par an, poursuit le Dr Montminy. Nous sommes parmi les mieux payés de la société. On ne me dira pas qu’un orthopédiste ne peut pas prendre deux semaines de bénévolat pour aller aider.»
Départ volontaire
Quant à l’argument voulant que les médecins méritent d’être payés comme des pompiers ou des soldats, il trouve là encore peu de considération aux yeux du Dr Montminy. «Ces gens-là sont envoyés par leur employeur. Les orthopédistes, personne ne leur a donné l’ordre d’aller là-bas.»
Il souhaite maintenant que le ministre de la Santé Yves Bolduc ne cède pas à cette demande de son président.
Le Dr Montminy n’est pas le seul à avoir réagi depuis que La Presse a fait état de la demande du Dr Desnoyers dans son édition de mercredi. Le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, a avoué son malaise de voir des spécialistes demander de l’argent une fois rendus sur place.
Le ministre de la Santé Yves Bolduc a pour sa part réaffirmé hier étudier la demande des orthopédistes présentement à Haïti. Il demeure toutefois prudent, conscient du précédent que pourrait créer un «oui» à la rémunération de ceux qui sont pour l’instant toujours considérés comme bénévoles.
La lettre du Dr Patrice Montminy
Demande irrecevable
Je veux m’opposer publiquement à la demande qui a été faite par le président de mon association, le Dr Jacques Desnoyers, de payer les médecins bénévoles qui ont décidé d’aller oeuvrer à Haïti. Ces individus ont fait un choix volontaire, sans que rien ne leur soit demandé, ce que je respecte, et ils savaient très bien qu’il était question de bénévolat. De plus, nous parlons de spécialistes qui gagnent aisément plus de 350 000 $ par année au Québec. Cette demande est irréfléchie et non respectueuse des citoyens québécois.
Patrice Montminy, MD FRSC chirurgien orthopédiste
Centre hospitalier universitaire de Québec
PS: J’ai cru bon vous mettre au parfum de ce dossier car l’administration des fonds publiques regarde tous et chacun. Il est donc agréable de voir que certain sont conscient de la qualité de leur sort. Bien qu’ils aient bûchés très fort pour y arriver et qu’il la mérite très bien. Bravo à vous Dr!
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Divers | Pas de commentaire
jan. 13, 2010
Une foule de questions concernant les prestations et lois sociales me sont régulièrement posées par mes clients. Voici donc un lien qui devrait répondre à la majorité des questions que vous vous posez concernant ces différents aspects de l’économie québécoise. Merci à SSQ, partenaire de notre réussite, pour son précieux travaille à confectionner ce feuillet d’informations.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Divers | Pas de commentaire
jan. 8, 2010
Récemment, un ami m’a suggéré le blogue Je suis pauvre qui se veut Un blogue pompeusement pédagogique sur les actualités financières tel que décrit par l’administrateur. Après quelques articles tous plus savoureux les uns que les autres, j’ai décidé d’en récupérer un en intégralité pour le bon plaisir de tous les parents (ou parents potentiels) qui se posent cette fameuse question: Comment ça coûte un enfant ?!?
Voici donc l’approche de Je suis pauvre en matière de calcul de coût. Vous comprendrez rapidement qu’un enfant, ça coûte bien se que l’on veut que ça coûte…Discussion avec votre conjoint(e) à entretenir…

Depuis près de deux ans maintenant, j’ai régulièrement cette question: «Et puis, un bébé, trouves-tu que ça coûte cher ?» J’esquisse généralement une moue dubitative et j’indique que mon impression générale est que non, ça ne coûte pas nécessairement si cher. Sauf que je n’avais jamais véritablement cherché à quantifier le tout.
Il y a un peu partout ces fameux chiffres qui datent d’on ne sait quand et qui comprennent on ne sait quoi et qui disent grosso modo qu’un enfant, de la naissance à 18 ans, ça coûte 180 000$. Selon d’autres sources, ça accapare 20% du revenu des parents. Ce que je crois, c’est que ça varie de façon importante notamment selon la nécessité qu’on peut se créer de devoir se procurer une montagne de gadgets, de tout acheter neuf, ou au contraire de vouloir minimiser l’empreinte écologique de son enfant.
Les achats de départ
Qu’on veuille faire simple ou compliqué, on peut identifier en vue de la naissance un mobilier de base dont la plupart des parents ne se passent pas et d’autres morceaux dont l’utilité réelle est plus limitée. Si siège d’auto, poussette, couchette, commode et chaise haute peuvent être identifiés comme des incontournables dès la première année (pas nécessairement neufs), je considère que la table à langer, la balançoire, le parc et les moniteurs sont des morceaux utiles mais non essentiels. Quant au moïse, au tapis d’éveil, au petit bain et à l’ensemble de literie-assortie-et-tous-ses-accessoires, ils ne méritent pas d’être achetés à fort prix; s’ils sont prêtés, donnés ou achetés à petit prix ça laisse moins une impression d’argent gaspillé. Je place à part le porte-bébé, le coussin d’allaitement, le tire-lait, le chauffe-biberon et la chaise berçante, qui peuvent devenir des incontournables mais gagnent à attendre qu’on ait vu aller les choses un peu avant d’être achetés.
Combien peut-on dépenser dans cette catégorie? Une famille qui se ferait tout prêter ou donner ne dépenserait à peu près rien. Acheter les articles essentiels, accessoires et les incontournables potentiels dans le neuf représente entre 1500$ et 3700$ environ, et plus vraisemblablement quelque part autour de 2500$. Dans une formule hybride de neuf et d’usagé (car on peut raisonnablement hésiter à acheter un siège d’auto ou un tire-lait usagé par exemple), on peut s’en tirer pour 1000$.
Les achats récurrents
Une fois le bébé arrivé, certaines décisions peuvent influencer de façon importante les achats réguliers qui lui seront associés dans les premières années. Couches jetables ou lavables ? Selon le cas, on débourse une fois 500$ ou alors on en jette pour 50 à 60$ par mois pendant au minimum deux ans. Le même principe s’applique aux lingettes. Allaitement ou lait maternisé ? Aucun coût direct dans un cas, sinon le lait maternisé de base pourrait coûter environ 100$ par mois durant les premiers 9 à 12 mois. En matière de linge, la première année verra passer minimalement quatre grandeurs de pyjamas et autres habits, mais quelques trucs permettent de réduire de beaucoup les dépenses à cet égard, et s’appliquent aussi en grande partie aux jouets. Enfin, à l’épicerie, je calcule que la dépense supplémentaire associée aux premières années d’un enfant se situe principalement entre 6 et 12 mois, la période des céréales pour bébés et des purées, après quoi son alimentation devient similaire à celle de ses parents et n’augmente que faiblement les quantités totales achetées. J’estime que cette catégorie peut générer un coût total variant entre 1000$ et 5000$ pour les deux premières années, selon les choix ou circonstances.
Coûts associés
Une diminution des revenus durant la période des congés de maternité, paternité et congé parental est à prévoir, compte tenu que le programme québécois de base couvre 70% du revenu antérieur jusqu’à concurrence de 62 500$, et le congé parental, une courte période à 70% et le reste à 55% (plus de détails ici). Les programmes d’allocations (Soutien aux enfants au provincial, Prestation fiscale canadienne pour enfants et Prestation universelle pour la garde d’enfants au fédéral) en réduiront un peu l’écart, mais faiblement à moins d’un revenu antérieur plutôt bas. Par exemple, pour des parents dont le revenu approcherait le maximum couvert, ça donnerait une réduction du salaire brut d’environ 13 000$, et des allocations avoisinant 2300$.
Par ailleurs, si l’arrivée d’un enfant engendre les dépenses précédemment mentionnées, on peut s’attendre en contrepartie à une diminution de certaines autres dépenses au budget familial, dont les sorties. Quant à la garderie, s’il y a lieu, une place à 7$ par jour ne représente qu’un faible pourcentage du revenu, mais dans la perspective où ces places sont peu disponibles, une dépense de 25 à 35$ par jour pour une garderie non subventionnée peut davantage affecter un budget, même si elle est temporaire puisque la différence sera en bonne partie retournée aux parents lors du rapport d’impôt.
Alors, ça coûte cher ?
Beaucoup de choix influenceront les dépenses que peuvent engendrer l’arrivée d’un enfant, mais dans bien des cas, la diminution de revenu associée aux congés de maternité, paternité et parental est probablement le «coût» (ou l’investissement) principal des premières années.
Publié par Hugo Neveu dans Divers | Pas de commentaire
jan. 5, 2010
Publié par Hugo Neveu dans Concept, Divers | Pas de commentaire
déc. 29, 2009
Pour ceux qui me lisent régulièrement, c’est connue j’affectionne beaucoup les textes de Pierre Duhamel. Encore une fois, en voici un savoureux afin de souligner cette nouvelle année qui commencera sous peu!
2010 ne sera pas la répétition de 2009. La récession est terminée ou elle s’achève. Il y aura d’autres scandales financiers, mais je ne crois pas qu’ils aient la même ampleur que ceux débusqués en 2009. Comme à chaque année, des entreprises feront faillite et d’autres connaîtront des succès éclatants. Mais ce seront les finances publiques et leur impact sur les citoyens qui feront la manchette, et ce, pendant longtemps.
Tous les États se sont endettés pour affronter la crise. Déjà, certains pays n’en peuvent plus et se retrouvent dans l’incapacité d’honorer leur dette. Cela a été le cas de la Grèce, ce sera peut-être celui de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande. Quel pays est solvable et qui ne l’est pas ? Ce sera la question de 2010 et des années subséquentes.
En 2011, l’endettement public moyen des 30 pays les plus avancés membres de l’OCDE atteindra 100 % de leur richesse produite. Du jamais vu depuis au moins 50 ans. Leur niveau d’endettement aura augmenté de 45 % entre 2007 et 2010 et presque doublé depuis 20 ans.
Le 16 novembre dernier, la dette publique américaine atteignait les 12 000 milliards de dollars, en hausse de 138 milliards de dollars seulement dans les deux premières semaines de novembre !
Au Canada, les gouvernements provinciaux et le fédéral continueront d’alimenter la dette publique canadienne en investissant 60 milliards de dollars supplémentaires dans les programmes de relance. Les déficits cumulés atteindront 90 milliards de dollars en 2009 et sans doute autant en 2010.
Plus que jamais, le Québec est dans le rouge et le retour à l’équilibre budgétaire fera mal. Côté dépenses, le gouvernement veut limiter leur croissance à 3,2 % dès l’exercice 2010-2011. Un objectif qui met l’État en collision frontale avec ses employés qui veulent des augmentations salariales de 11,25 % sur trois ans.
Même en gérant de façon beaucoup plus prudente, le gouvernement a besoin de milliards de dollars supplémentaires pour équilibrer ses comptes. Va-t-on hausser la TVQ d’un second point de pourcentage ? Subirons-nous une hausse substantielle des tarifs d’électricité ? Nous aurons les réponses quelque part en mars lors du dépôt du budget.
L’autre scénario, c’est de couper à la tronçonneuse dans les dépenses publiques. Écrasée par sa dette, l’Irlande va sabrer 4 milliards de dollars dans ses dépenses à compter du 1er janvier et les salaires des 400 000 employés de l’État seront diminués. On ne parle pas ici de diminution de la croissance des dépenses ou des salaires, mais de coupes franches et réelles. Même le salaire du Premier ministre sera amputé de 20 %.
Les gouvernements canadien et provinciaux devront, tôt ou tard, se mettre au régime, ce qui ne sera pas sans conséquences. L’État ne jouera plus un rôle aussi actif dans l’économie et n’aura peut-être plus les moyens de financer à la même hauteur les programmes sociaux. Les citoyens, eux-mêmes endettés et avec peu d’épargne en main, devront aussi se serrer la ceinture. Ajoutez à ce scénario une population vieillissante qui réclamera de plus en plus de soins médicaux, et vous vous retrouvez dans une situation délicate.
Des dossiers entamés cette année connaîtront leur dénouement en 2010. Le CRTC donnera-t-il sa bénédiction à un partage des revenus de redevances en faveur des télévisions généralistes et selon quelles modalités ? Hydro-Québec réussira-t-elle à mettre la main sur Énergie Nouveau-Brunswick ? Tiger Woods regagnera-t-il la confiance de ses fans et de ses commanditaires ? Je suis tenté de répondre OUI à toutes ces questions, mais je ne sais pas combien de compagnies aériennes disparaîtront en 2010, elles qui perdront 11 milliards de dollars en 2009 et devraient en perdre 5,6 milliards l’an prochain en raison de la remontée des prix du carburant, si ce n’est pas à cause du renforcement des mesures de sécurité aux aéroports ?
Sous fond de crise aiguë des finances publiques, le débat entourant la lutte au réchauffement climatique se poursuivra de plus belle. Et pour bien compliquer la donne, la demande mondiale du pétrole devrait rebondir avec la reprise, et avec elle, le prix du carburant. On ne s’ennuiera pas…
Ah oui! J’oubliais…Bonne année à tous!



