jan. 11, 2010
Cette semaine, les différents médias nous entretiendront particulièrement de cette question. Oui, oui, encore plus que d’habitude! Le gouvernement Charest s’apprête en fait à prendre des décisions importantes pour améliorer le bilan financier du Québec en tenant un grand forum économique les 20 et 21 janvier prochain. Des changements s’imposent puisque le déficit budgétaire se chiffrera à près de 5 G$ en 2009-2010 alors que la dette publique atteindra environ 160 G$ le 31 mars prochain.
Aujourd’hui, sur Argent, Marcel Boyer nous informe sur ce sujet et ses implications potentiels.
À combien s’élève la dette du Québec?
Caractériser l’évolution comparée de la dette du Québec est une opération délicate dans la mesure où il existe plusieurs mesures des niveaux de dette provinciale. En fait, chaque gouvernement provincial utilise un cadre financier ou périmètre comptable qui lui est propre pour calculer sa dette « officielle ». La diversité des cadres financiers donne lieu à des manipulations comptables plus ou moins douteuses de la part des gouvernements, rendant difficile tout effort d’analyse rigoureuse et transparente.
La « dette totale du gouvernement » du Québec, telle que calculée par le Ministère des finances(1), comprend les dettes directes et le passif net au titre des régimes de retraite des employés de l’État. Elle s’élevait à 148,0 milliards au 31 mars 2008 (49,9% du PIB), une augmentation de 46,4% en 10 ans et atteignait 151,4 milliards au 31 mars 2009.
Pour obtenir la « dette à long terme du secteur public », il faut ajouter à la dette totale du gouvernement ci-dessus la dette des réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux, d’Hydro-Québec, des municipalités et organismes municipaux et des autres entreprises du gouvernement. Cette mesure de la dette atteignait au 31 mars 182,7 milliards en 2005, 185,6 milliards en 2006, 194,5 milliards en 2007, 199,3 milliards en 2008 et 208,4 milliards en 2009.
Pour comparer l’évolution de la dette du Québec avec celle des autres provinces, il faut utiliser la mesure de la dette SGF (système de gestion financière) développée par Statistique Canada(2). Cette dette SGF a l’avantage de permettre une certaine comparaison entre les provinces. Mais cette mesure reste imparfaite car elle n’inclut pas, entre autres éléments, les déficits actuariels (passif net) de programmes de dépenses ayant une certaine pérennité et représentant donc des engagements de l’État, y compris le Canada Pension Plan ou le Régime des rentes du Québec. Ainsi, la dette SGF du Québec, de même que la « dette à long terme du secteur public » représentent des évaluations conservatrices de la dette publique du Québec.
La dette SGF du Québec atteint 208,2 milliards en 2007, une augmentation de 70,2% en 10 ans et de 216,8% depuis 1990. La dette SGF de l’Ontario atteignait 176,4 milliards en 2007, une augmentation de 34,1% en 10 ans et de 200,6% depuis 1990. Quant à la dette SGF par habitant, elle atteignait 27 093$ au Québec en 2007 par rapport à 13 791$ en Ontario, 24 960$ à Terre-Neuve et 7 207$ en Alberta.
En contrepartie de la dette : les actifs
Mais la dette n’est qu’un des côtés de la médaille. Pour mieux évaluer le fardeau que peut représenter cette dette, il faut aussi considérer les actifs sous contrôle gouvernemental. Les actifs sont de deux grands types, les actifs financiers et les actifs immobiliers et d’infrastructure. Les premiers peuvent être évalués à leur valeur « marchande » mais les seconds (routes, hôpitaux, écoles, etc.) peuvent difficilement l’être étant donné l’absence de marchés pertinents. La dette SGF nette des actifs financiers atteignait 104,9 milliards au Québec en 2007, une augmentation de 19,8% en 10 ans et de 134,6% depuis 1990. La dette SGF nette de l’Ontario atteignait 112,9 milliards en 2007, une augmentation de 4,4% en 10 ans et de 199,6% depuis 1990. En 2007, la dette SGF nette par habitant atteignait 13 647$ au Québec et 8 823$ en Ontario, 18 473$ à Terre-Neuve et -9 944$ en Alberta.
Pour obtenir un meilleur portrait de l’acuité du problème de la dette, il faudrait ajouter à la dette nette les éléments du passif du gouvernement qui ne sont pas comptabilisés dans les mesures actuelles de la dette et soustraire non seulement la valeur des actifs financiers mais aussi la valeur des actifs immobiliers et d’infrastructure. La valeur de ces derniers actifs est de toute évidence considérable si on pense à l’ensemble des infrastructures et immobilisations publiques qui supportent dans un certain sens la dette gouvernementale. La valeur de des infrastructures et immobilisations correspond à l’accroissement de richesse économique et sociale qu’elles permettent de générer. À défaut de pouvoir compter sur une valeur marchande, on pourrait utiliser la valeur aux livres, calculée selon les règles comptables généralement reconnues. Pour ne prendre qu’un exemple, les immobilisations au bilan d’Hydro-Québec présentaient une valeur de 51,8 milliards en 2006, 53,2 milliards en 2007 et 55,0 milliards en 2008. Ces actifs doivent être soustraits de la dette brute pour obtenir une estimation de la dette nette. Mais la valeur marchande des immobilisations d’Hydro-Québec est très largement supérieure à leur valeur aux livres et il en est de même pour plusieurs autres actifs du gouvernement et de ses organismes. N’oublions pas non plus les éléments du passif qui n’ont pas été comptabilisés dans les mesures de la dette.
Malheureusement, on ne dispose pas d’un cadre suffisamment détaillé et crédible des divers éléments des dettes et actifs « publics » pour procéder à une analyse comparative raisonnablement rigoureuse de l’endettement brut et net des gouvernements provinciaux. Il faut espérer que les divers gouvernements au Canada et ailleurs en viendront à définir un tel cadre et ce, pour favoriser la transparence et mettre fin aux manipulations comptables aussi habituelles qu’affligeantes.
Avons-nous un problème d’endettement?
On peut raisonnablement affirmer que le Québec n’a pas, en termes absolus, un sérieux problème de dette publique. Mais on peut affirmer qu’il a, en termes relatifs, un très difficile problème de dette publique.
On pourrait certes préférer que la dette soit encore plus faible, mais le niveau actuel de cette dette reste acceptable par rapport à la valeur des actifs financiers et immobiliers qui la supportent : la valeur de la maison québécoise est fort probablement largement supérieure au montant de l’hypothèque! Le prétendu problème intergénérationnel que pose l’accumulation d’une dette publique, bien que fortement décrié par plusieurs, n’est pas évident. Dans la mesure où les actifs publics (institutions, infrastructures et autres immobilisations) dépassent la valeur des dettes encourues pour les constituer, les générations à venir profiteront d’une valeur nette largement positive en héritage.
Par contre et malgré les améliorations apportées ces dernières années à la comptabilité gouvernementale, il reste bien des zones d’ombre dans la détermination du niveau de la dette publique, en particulier en ce qui a trait au traitement des entreprises gouvernementales et du périmètre comptable du gouvernement. Il y a à ce niveau bien des manipulations qui permettent, grâce aux vases communicants que sont les postes budgétaires, des hausses d’endettement pour couvrir les dépenses courantes plutôt que pour augmenter les actifs publics. En réalité, c’est au niveau des mécanismes de choix des investissements et des mécanismes de création ou de destruction de richesse, qui conditionnent l’évolution de la dette, que le bât blesse davantage(3).
Par ailleurs, le niveau d’endettement relatif du Québec contraint sérieusement ses choix par rapport aux autres grandes provinces canadiennes.(4). Le Gouvernement du Québec souffrira davantage d’une hausse des taux d’intérêt, qui ne saurait tarder à se manifester. Il faut dès maintenant s’y préparer, mais la tâche est colossale. En supposant que la dette SGF nette par habitant de l’Ontario en $ de 2007 reste à ce niveau (une hypothèse extrême!), il faudrait que la dette SGF nette par habitant du Québec diminue de 35,3% ou encore de 1,7% par an pendant 25 ans pour qu’il atteigne le même niveau de dette par habitant. Pourrait-on faire mieux? Difficilement, car cela représente déjà une diminution (remboursement) de la dette de l’ordre de 5,6 milliards $ par an dès 2008. Nous sommes déjà en retard de presque trois ans!
Il faudra sérieusement se mettre à créer davantage de richesse pour y arriver.
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(1) Finances Québec, Budget – Plans budgétaires 2007-2008 et 2009-10
(2) Le Système de Gestion Financière (SGF) de Statistique Canada permet d’harmoniser, mais de manière limitée et incomplète, la comptabilité des administrations provinciales. Le SGF inclut dans la dette provinciale, la dette des ministères et organismes qui rendent des services pour le compte du gouvernement (conseils, commissions et fonds autonomes, régimes de pensions non provisionnés, collèges et écoles de formation professionnelle et de métiers, universités, établissements de services de santé et de services sociaux, conseils de santé, organismes de services sociaux et conseils communautaires).
(3) Voir M. Boyer, J. Castonguay et M. Laberge (2007), « La gestion stratégique des immobilisations publiques », rapport CIRANO, avril 2007, 110 pages ; M. Boyer (2009), Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle, CIRANO, avril 2009, 173 pages www.cirano.qc.ca/manifeste; M. Boyer, « La performance et le développement économiques du Québec : les douze travaux d’Hercule », Rapport CIRANO, décembre 2009, 153 pages www.cirano.qc.ca/Hercule.
(4) Le service de la dette coûte aujourd’hui quelque 9 G$ par an.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité | Pas de commentaire
déc. 29, 2009
Pour ceux qui me lisent régulièrement, c’est connue j’affectionne beaucoup les textes de Pierre Duhamel. Encore une fois, en voici un savoureux afin de souligner cette nouvelle année qui commencera sous peu!
2010 ne sera pas la répétition de 2009. La récession est terminée ou elle s’achève. Il y aura d’autres scandales financiers, mais je ne crois pas qu’ils aient la même ampleur que ceux débusqués en 2009. Comme à chaque année, des entreprises feront faillite et d’autres connaîtront des succès éclatants. Mais ce seront les finances publiques et leur impact sur les citoyens qui feront la manchette, et ce, pendant longtemps.
Tous les États se sont endettés pour affronter la crise. Déjà, certains pays n’en peuvent plus et se retrouvent dans l’incapacité d’honorer leur dette. Cela a été le cas de la Grèce, ce sera peut-être celui de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande. Quel pays est solvable et qui ne l’est pas ? Ce sera la question de 2010 et des années subséquentes.
En 2011, l’endettement public moyen des 30 pays les plus avancés membres de l’OCDE atteindra 100 % de leur richesse produite. Du jamais vu depuis au moins 50 ans. Leur niveau d’endettement aura augmenté de 45 % entre 2007 et 2010 et presque doublé depuis 20 ans.
Le 16 novembre dernier, la dette publique américaine atteignait les 12 000 milliards de dollars, en hausse de 138 milliards de dollars seulement dans les deux premières semaines de novembre !
Au Canada, les gouvernements provinciaux et le fédéral continueront d’alimenter la dette publique canadienne en investissant 60 milliards de dollars supplémentaires dans les programmes de relance. Les déficits cumulés atteindront 90 milliards de dollars en 2009 et sans doute autant en 2010.
Plus que jamais, le Québec est dans le rouge et le retour à l’équilibre budgétaire fera mal. Côté dépenses, le gouvernement veut limiter leur croissance à 3,2 % dès l’exercice 2010-2011. Un objectif qui met l’État en collision frontale avec ses employés qui veulent des augmentations salariales de 11,25 % sur trois ans.
Même en gérant de façon beaucoup plus prudente, le gouvernement a besoin de milliards de dollars supplémentaires pour équilibrer ses comptes. Va-t-on hausser la TVQ d’un second point de pourcentage ? Subirons-nous une hausse substantielle des tarifs d’électricité ? Nous aurons les réponses quelque part en mars lors du dépôt du budget.
L’autre scénario, c’est de couper à la tronçonneuse dans les dépenses publiques. Écrasée par sa dette, l’Irlande va sabrer 4 milliards de dollars dans ses dépenses à compter du 1er janvier et les salaires des 400 000 employés de l’État seront diminués. On ne parle pas ici de diminution de la croissance des dépenses ou des salaires, mais de coupes franches et réelles. Même le salaire du Premier ministre sera amputé de 20 %.
Les gouvernements canadien et provinciaux devront, tôt ou tard, se mettre au régime, ce qui ne sera pas sans conséquences. L’État ne jouera plus un rôle aussi actif dans l’économie et n’aura peut-être plus les moyens de financer à la même hauteur les programmes sociaux. Les citoyens, eux-mêmes endettés et avec peu d’épargne en main, devront aussi se serrer la ceinture. Ajoutez à ce scénario une population vieillissante qui réclamera de plus en plus de soins médicaux, et vous vous retrouvez dans une situation délicate.
Des dossiers entamés cette année connaîtront leur dénouement en 2010. Le CRTC donnera-t-il sa bénédiction à un partage des revenus de redevances en faveur des télévisions généralistes et selon quelles modalités ? Hydro-Québec réussira-t-elle à mettre la main sur Énergie Nouveau-Brunswick ? Tiger Woods regagnera-t-il la confiance de ses fans et de ses commanditaires ? Je suis tenté de répondre OUI à toutes ces questions, mais je ne sais pas combien de compagnies aériennes disparaîtront en 2010, elles qui perdront 11 milliards de dollars en 2009 et devraient en perdre 5,6 milliards l’an prochain en raison de la remontée des prix du carburant, si ce n’est pas à cause du renforcement des mesures de sécurité aux aéroports ?
Sous fond de crise aiguë des finances publiques, le débat entourant la lutte au réchauffement climatique se poursuivra de plus belle. Et pour bien compliquer la donne, la demande mondiale du pétrole devrait rebondir avec la reprise, et avec elle, le prix du carburant. On ne s’ennuiera pas…
Ah oui! J’oubliais…Bonne année à tous!
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Divers | Pas de commentaire
déc. 23, 2009
Propriétaires de maisons et autres emprunteurs, ne vous inquiétez pas, dit le Mouvement Desjardins. Les taux d’intérêt ne remonteront pas de sitôt car l’économie est encore loin d’une reprise à un rythme effréné.

Signant et publiant une note de prévision mardi, l’équipe menée par l’économiste en chef François Dupuis affirme que les conditions nécessaires ne sont pas encore réunies.
L’économie mondiale prend du mieux et les grandes économies sont déjà sorties de la récession. Selon les prévisions de Desjardins, le produit intérieur brut planétaire augmentera de 3,4% en 2010 et 3,8% en 2011.
Par contre, la fin des plans de relance et le crédit serré contiendront cette reprise dans les pays les plus développés.
«La Banque du Canada, écrivent les économistes, cherche à s’assurer du caractère durable de la reprise avant de modifier sa politique monétaire, d’autant plus qu’un changement trop rapide de son discours risquerait d’augmenter les pressions haussières sur le huard.»
«Dans un contexte où les taux directeurs demeureront à leur creux encore longtemps et où les pressions haussières sur les taux obligataires seront limitées, ajoute la note, la première moitié de 2010 risque de ressembler à la fin de 2009. Nous pensons maintenant que la remontée des taux de détail débutera véritablement à la mi-2010 seulement.»
De plus, les menaces inflationnistes restent dans leur tanière pour l’instant, une autre raison de ne pas s’inquiéter sur les taux. «Nous prévoyons que la Banque du Canada commencera à relever son taux directeur seulement au dernier trimestre de 2010 alors que la Réserve fédérale [des États-Unis] attendra en 2011.»
Envolée contrôlée du huard
Du côté du dollar canadien, il a pris de la vigueur mais la parité durable ne serait atteinte qu’en 2011 en raison d’une remontée attendue du billet vert.
«Dans l’optique où les prix du pétrole continueraient d’évoluer à la hausse, les perspectives restent positives pour le dollar canadien, écrit Desjardins. Ainsi, il est prévu que la devise poursuivra sur un sentier d’appréciation graduelle en 2010 avec la possibilité d’atteindre la parité au troisième trimestre de l’année, poussée par une forte demande pour les titres canadiens.»
15% de gain pour le S&P 500 ?
Contrairement à ceux qui craignent que la remontée boursière soit allée trop loin, l’institution financière estime que c’est peut-être le contraire.
«Notre modèle d’évaluation du S&P 500, basé sur les profits des entreprises, les tensions financières et les taux d’intérêt, indique ainsi que la remontée de plus de 50% des indices boursiers depuis leur creux est pleinement justifiée. Les Bourses seraient même encore quelque peu sous-évaluées.»
Il reste que la vulnérabilité des banques, les risques de l’immobilier commercial et les craintes de défaut de paiement comme celui de Dubaï vont générer de la nervosité.
«Les gains des indices seront moins spectaculaires que ceux de 2009, et certaines périodes de replis sont à prévoir, indique Desjardins. Le S&P 500 devrait offrir un rendement d’environ 15% en 2010.»
Article tiré intégralement du site Argent.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Immobilier | Pas de commentaire
déc. 18, 2009
Quel savoureux article de Pierre Duhamel ce matin sur argent! Tellement savoureux que je vous le livre en intégralité. Tout y est. Bonne lecture. Au plaisir de lire vos commentaires!
Je sais, ce n’est pas la saison pour épargner. À vrai dire, ce n’est jamais la saison pour épargner. Consommer, même en s’endettant, est tellement plus agréable. Le hic, c’est que nous nous préparons des années de retraite misérables en dépensant au-delà de nos moyens et en n’épargnant pas.
Les ministres des Finances du pays sont réunis au Yukon pour essayer de voir comment ils pourraient nous faire économiser davantage pour accroître notre revenu de retraite et diminuer notre dépendance à l’État quand nous aurons cessé de travailler. Il est question d’un nouveau régime à cotisations volontaires, perçues par les gouvernements et gérées par les institutions financières. Pourquoi pas ? Mais j’ai l’impression que le problème est plus sociologique et psychologique qu’économique.
Pourquoi un nouveau régime quand à peine 38 % des Québécois en âge de travailler ont cotisé au REÉR en 2007 ? Comment un nouveau programme pourrait-il nous motiver davantage à mettre des sous de côté alors nous nous endettons plus rapidement que nous épargnons ? Le crédit à la consommation a bondi de 7,2 % depuis un an alors que le taux d’épargne des Canadiens ne bouge pratiquement pas (4,7 % à 4,8 % du revenu personnel). Nous nous approchons tranquillement, mais sûrement, des ratios d’endettement des ménages américains.
Certains croient que le régime de retraite de leur employeur leur permettra de se la couler douce une fois qu’ils auront quitté le marché du travail. Voilà une illusion dangereuse. Dans le secteur privé, quatre régimes de retraite sur cinq pourraient de pas être en mesure de remplir leurs engagements et plusieurs entreprises n’ont tout simplement pas les moyens de cotiser davantage pour effacer le déficit actuariel de leur régime de retraite. Les prestations risquent donc d’être moindres que prévu.
Il y a pire. Certaines entreprises ont ou pourraient faire faillite, mettant en péril l’ensemble du régime. Et pire encore : plus des trois quarts des travailleurs du secteur privé n’ont tout simplement pas de régime de retraite provenant de leur employeur.
Les travailleurs du secteur public n’ont pas cette angoisse et on risque de se retrouver avec deux classes de retraités : les employés du public et les autres. Vous avez travaillé pour une PME toute votre vie ou vous êtres travailleurs autonomes ? Ce que vous allez envier votre beau-frère du secteur public qui aura pris une retraite presque confortable à 55 ans, retraite que vous aurez payée !
Peu d’épargne, pas de REÉR et pas de régime de retraite privé, il vous restera peu de choses. À 65 ans, vous aurez droit à 10 905 dollars par an de la Régie des rentes du Québec et 6203, 52 dollars pour la pension de la sécurité de la vieillesse fédérale. Grand total annuel : 17 108,52 dollars.
Le régime public sera lui aussi confronté à une situation délicate. Le nombre de prestataires va doubler d’ici 20 ans et ce n’est pas la performance de la Caisse de dépôt et de placement l’an dernier qui va améliorer la situation. On peut s’attendre à d’autres hausses des cotisations et des pressions de plus en plus fortes pour reculer l’âge officiel de la retraite.
Ne prenons donc pas de chances et commençons un vigoureux programme d’épargne. Nous avons le bonheur de vivre de plus en plus vieux, nous ne sommes pas obligés de vivre toutes ces années en situation de pauvreté.
Publié par Hugo Neveu dans Actualité, Investissement | Pas de commentaire
déc. 14, 2009

Toutefois, j’ai récemment eu une discussion à cet effet avec certains membres de ma famille qui était, et c’est peu dire, outré de la hausse récente du prix de leur panier d’achat. Pour cette famille de quatre, il n’est pas rare que la facture hebdomadaire dépasse les 200$. Et à bien y penser, c’est aussi mon cas. Alors comment faire pour payer plus cher pour tout (Nourriture, essence, chauffage…) avec le même salaire?
Et bien, attachez votre ceinture, selon le site ARGENT, ce n’est que le commencement!
Certains produits alimentaires pourraient être plus onéreux dans les supermarchés en 2010 car la reprise économique devrait entraîner un bond du prix des denrées de base comme le lait et le riz.
Des données publiées dernièrement annoncent une forte progression de ces produits en raison notamment d’une baisse de leur production. Un sondage de Bloomberg avance que le prix de la tonne de riz pourrait grimper de 63% à 1038$.
Au même moment, le gouvernement américain estime que le cours de la poudre de lait écrémée – produit laitier employé dans la fabrication de divers aliments – devrait bondir de 39% et GP Morgan Chase table sur une hausse du prix du sucre de l’ordre de 25% toujours en 2010.
Daniel Mercier-Gouin, expert en économie agroalimentaire à l’Université Laval, a des réserves sur les prévisions du cours des aliments de base. «C’est un exercice difficile! L’évolution des prix dépend des conditions climatiques, de la croissance économique et de la capacité de payer à travers le monde», a-t-il indiqué, soulignant qu’une sécheresse en Australie pourrait tout chambouler.
Il est cependant limpide que le prix de certains produits subira une hausse si le cours des denrées de base progresse l’an prochain. Au Canada, les aliments les moins transformés sont ceux qui sont davantage sujet à enregistrer des fluctuations de prix à la hausse.
Daniel Mercier-Gouin croit, par exemple, que le riz sera plus cher mais que le prix du pain subira une faible progression. «Si le cours du blé double, le prix du pain ne double pas pour autant», a expliqué M. Mercier-Gouin, précisant que le Canada est avantagé par son système de gestion de l’offre qui fixe le prix de différents produits comme le lait, la volaille et les œufs.
Selon lui, les populations les plus touchées seront celles des pays en développement car elles consomment surtout des produits bruts et peu transformés. Une nouvelle crise alimentaire n’est donc pas exclue selon divers experts dont Daniel Mercier-Gouin.
